Série: Couronnement du tsar Nicolas II à Moscou

Le couronnement du tsar Nicolas II est la première grande actualité de portée internationale couverte par le Cinématographe Lumière. C’est l’opérateur Charles Moisson qui est accrédité par l’ambassade française de Russie, sur la demande de Camille Cerf, en vue de circuler librement avec son appareil, lors des festivités (cf. Rashit M. Yangirov, “ Lumières in Russia : 1896, the year of glory ”, communication au congrès Lumière Lyon, 1995 – Actes à paraître).

Toutefois, la présence d’un fil impressionné sur les négatifs d’une partie des vues (n° 1325 à 1328, 1330 et 1332), indique que deux opérateurs étaient présents sur les lieux. Cette particularité que l’on retrouve sur les négatifs tournées au mois de juin à Vienne et à Budapest par Charles Moisson le désigne comme l’auteur de ces vues. C’est probablement Francis Doublier qui tourne les deux autres vues (n° 1329 et 1331), si l’on en croit ses souvenirs exprimés dans une interview publiée dans l’Écran Français, n° 25, du 19 décembre 1945. Plusieurs autres vues non cataloguées sont mentionnées dans un programme de projection russe, qui porte au moins à 16, le nombre de scènes prises lors de cet événement (cf. Jacques Rittaud-Hutinet, Le cinéma des origines, Champ Vallon, Seyssel, 1985, p. 90). Seulement quelques-unes de ces vues ont été retrouvées, souvent sous la forme de fragments. « Le couronnement du tsar Nicolas II. ¯ Les circonstances politiques, et on peut le dire, la sympathie des deux peuples, ont donné pour la France un intérêt tout spécial pour le sacre et au couronnement de l’empereur de Russie, Nicolas II. Elle a témoigné officiellement l’importance exceptionnelle qu’elle y attachait en se faisant représenter aux fêtes qui ont été célébrées à cette occasion par une ambassade extraordinaire […]. Il y a mieux, du reste, qu’une curiosité banale à satisfaire dans ce spectacle d’un homme tout à la fois pontife et souverain, se couronnant lui-même devant un clergé qui, n’ayant que des prières à faire pour le chef de l’orthodoxie, est cependant autorisé par la force des choses et la coutume à lui rappeler que le pouvoir extraordinaire dont il est investi doit être employé au bien et au bonheur de ses fidèles sujets. La cérémonie du couronnement avait été fixée au 14-26 mai. Suivant la coutume, elle devait être précédée de plusieurs jours de solennités religieuses et de réceptions. » (La Revue encyclopédique, Paris, 1896, p. 435).

« Un de nos confrères, M. C. Cerf, installé à Moscou pendant les dernières fêtes du Couronnement, a eu la très heureuse idée ¯ d’accord avec MM. Lumière ¯ “ d’enregistrer ”, sur le passage des cortèges, ou en présence des scènes multiples de plein air dont il a été témoin, une série d’instantanés du plus curieux caractère. […] La présentation de ces documents nous était faite par M. C. Cerf, obligeamment assisté de M. Gabriel Veyre, opérateur. Dix-huit projections se sont succédées sur la toile de fond. […] Les instantanés du Couronnement nous montrent l’agitation amusante du peuple dans les rues, le va-et-vient des soldats, des badauds en promenade autour de la fameuse cloche et du canon légendaire du Kremlin ; le défilé du personnel de l’ambassade de France et de la Mission, quittant le palais Cheremetiew pour se rendre aux cérémonies. Puis ce sont les scènes de procession, l’arrivée de la famille impériale dans Moscou, un défilé de cosaque, de délégations asiatiques ¯ un musée d’ethnographie ! ¯ puis une revue passée par les souverains. […] Mais les scènes les plus impressionnantes sont celles qui précèdent et suivent le Sacre : le passage de l’Impératrice mère, le défilé des dames d’honneur se rendant à la cathédrale de l’Assomption ; ensuite le tsar, passant à son tour, la tsarine appuyée à son bras, tous deux répondant par de légers saluts de la tête aux acclamations de la foule ; et enfin, la cérémonie finie, les souverains revêtus du manteau impérial, coiffés de la couronne souveraine ¯ réapparaissant dans un défilé d’une solennelle majesté, puis gagnant l’immense dais à panaches qui s’ébranle doucement, et les ramène au palais, à travers une foule qu’on sent vivre, grouiller, frémir ¯ dont l’intense émotion semble s’exprimer dans les mouvements mêmes de l’image… » (Le Figaro, Paris, 25 juin 1896).

« Les tableaux animés représentant d’abord diverses phases des cérémonies du sacre à Moscou : défilés à cheval, cortèges impériaux se rendant au Kremlin et en revenant, descente de l’escalier rouge par le czar et la czarine, précédés et suivis des princes et ambassadeurs de toutes les nations, sont reproduits avec une fidélité, une vie intense ; aucun des mouvements de la foule n’a échappé à l’objectif, prompt à les saisir. » (La Gironde, Bordeaux, 20 juillet 1896).

« De Saint-Pétersbourg : l’empereur et l’impératrice de Russie, entourés de tous les membres de la famille impériale, ont beaucoup admiré la reproduction par le cinématographe de toutes les scènes de leur couronnement, scènes qui leur ont été présentées avant-hier soir, à Peterhof, par notre confrère M. Camille Cerf. Jeudi dernier, M. le comte de Montebello avait réuni tous les membres du corps diplomatique, quelques membres de la famille impériale, le prince Lobanoff, le général baron de Freedericksz, etc., pour les faire assister au défilé de ces scènes. La séance a eu un énorme succès. » (Le Figaro, Paris, 22 juillet 1896).

(304) Comtesse de Montebello

La comtesse de Montebello descend l’escalier et monte dans la voiture qui démarre, puis un homme monte dans une seconde

(305) Amiral Sallandrouze et général Tournier

Des officiers, dont l’amiral Sallandrouze de Lamornaix et le général Tournier, montent dans une première voiture qui se met aussitôt

(306) Députations asiatiques

Sous la surveillance des officiers russes, défile le cortège des délégations d’Asie.

(307) Rue Tverskaïa

Circulation de passants et de voitures dans la rue pavoisée à l’occasion du couronnement du tsar. « Les fêtes du couronnement,